10000 gestes

création les 14, 15, 16, 17 septembre 2017 à la Volksbühne, Berlin
durée: 
1h (durée estimée)

chorégraphie : Boris Charmatz
interprétation : Djino Alolo Sabin, Salka Ardal Rosengren, Or Avishay, Régis Badel, Jessica Batut, Nadia Beugré, Alina Bilokon, Nuno Bizarro, Matthieu Burner, Dimitri Chamblas, Julie Cunningham, Olga Dukhovnaya, Sidonie Duret, Bryana Fritz, Alexis Hedouin, Kerem Gelebek, Rémy Héritier, Samuel Lefeuvre, Johanna-Elisa Lemke, Noé Pellencin, Maud Le Pladec, Mani Mungai, Jolie Ngemi, Marlène Saldana, Frank Willens

Pour ce spectacle j'imagine une forêt chorégraphique dans laquelle aucun geste n'est jamais répété par aucun des danseurs en présence. 10000 gestes qui ne seront visibles qu'une seule fois- disparus aussitôt que tracés, comme une ode à l'impermanence de l'art de la danse. Cette pluie de mouvements, qui pourrait être un data-projet généré par des listes de paramètres numérisés seront au contraire générés artisanalement, à même le corps des interprètes, de manière absolument subjective. A l'hypnose visuelle de la boulimie de mouvement correspondra un versant méditatif, voire mélancolique : le « don » de mouvements condamnés à la disparition symbolique.
C'est en regardant la version « permanente » de la pièce Levée des conflits, dansée au Moma, que m'est venue cette idée : dans la Levée, on construit une sculpture qui vise l'immobilité, animée pourtant d'une foule de danseurs qui maintient une présence permanente du mouvement par leur transmission à l'infini. Dans 10000 gestes, c'est au contraire la fugacité poussée à son paroxysme qui génère le regard et la pensée du spectateur. Le chaos de dépense est tellement parfait qu'il confine à l'immobilité.
Dans la lignée des projets du Musée de la danse, 10000 gestes constitue enfin un anti-musée chorégraphique pour explorer les moyens d'échapper aux instincts et aux stratégies de conservation agissant dans le travail du danseur... il s'agira d'explorer les possibilités qu'un geste ne soit jamais accompli par un autre, et que si 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 25 danseurs entrent en contact, chacun accomplisse néanmoins un geste différencié de l'autre en excluant tout mouvement symétrique : dans cette pièce, il est impossible de se serrer la main. La collection ainsi générée est aussi une anti-collection, car aucun chorégraphe digne de ce nom ne se risquerait à incorporer 10000 gestes dans son écriture, et que cet ensemble ne se laisse pas saisir autrement que par l'idée qui l'a générée.

assistante : Magali Caillet-Gajan
lumières : Yves Godin
costumes : Jean-Paul Lespagnard
régie générale : Fabrice Le Fur
habilleuse : Marion Régnier
direction de production : Sandra Neuveut, Martina Hochmuth, Amélie-Anne Chapelain
production : Musée de la danse
coproduction : Volksbühne Berlin, Manchester International Festival (MIF), Théâtre National de Bretagne-Rennes, Festival d'Automne à Paris, Chaillot - Théâtre national de la Danse (Paris), Wiener Festwochen, Sadler's Wells London, Taipei Performing Arts Center... (en cours)
remerciements : Charleroi Danses - Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, P.A.R.T.S., Archivio Alighiero Boetti and Fondazione Alighiero e Boetti; Chiara Oliveri Bertola / Castello di Rivoli Museo d'Arte Contemporanea