Con forts fleuve
chorégraphie : Boris Charmatz
avec : Nuno Bizarro, Dimitri Chamblas, Boris Charmatz, Julia Cima, Vincent Dupont, Myriam Lebreton, Catherine Legrand ou Olga de Soto Et deux figurants
musiques : Otomo Yoshihide
« (...) J'ai pris l'habitude de gérer des choix tranchés : soit, empiler des interprètes sur une tour, danser à côté d'une masse qui n'a même pas l'air de peser son énorme poids, danser nus une seconde fois... en perruques.
Nous ne nous étions pas trop mal sortis de ces choix impossibles, de ces contacts impossibles, mais j'ai bien peur que la prochaine pièce ne rassemble un peu trop de ces contrastes d'acier !
Nous serions donc trop nombreux : sept et quelques figurants -ne-figurant-pas-grand-chose-. La représentation serait hachée par des éclipses lumineuses qui ne donneraient même pas l'occasion de construire un spectacle aux mille morceaux variés et changeants.
Il s'agirait plutôt de faire de ces « bouts » un seul et même fleuve, insistant. Fleuve de corps dont la présence serait mise à mal de multiples manières, dont une : nous utiliserions l'espace frontal non pour ordonner une perspective, mais pour brouiller les plans et tendre à l'indistinction. On devine des corps et l'on ne sait qui prend la parole, hommes ou femmes, pour dire des phrases (de John Giorno, celui des années soixante quand ses amis et mentors vivaient encore) bourrées de corps, sauvages, "bêtes" et sexuées, sans les incarner.
On chante aussi, dans une physicalité de danseurs, et contre une musique électronique qui n'a plus besoin d'"acteur" mais qui sans cesse, l'appelle...
Il n'y a pas ici d'entrée dramaturgique unique qui nous simplifierait le travail. Ne vient qu'une série de mots : recouvrement, blocage tendu de nos présences, brouillon frontal, scène partagée... (...) »
Boris Charmatz (extrait d'une lettre écrite en janvier 1999)
extraits de SON-9, TSOG-16, ROCRR-64, TS-7235, 75-ST51, UTR DR-0030 tirés du disque compact Vinyl tranquilizer (Noise Asia NAIM01)
extrait de One-DD tiré du disque compact Sound Factory (Gentle giant records gg021)
textes : John Giorno
"Pornographic Poem" et "Give it to me, baby"
extraits de Pornographic Poem
tiré du disque vinyl The Intravenous Mind presents poems by John Giorno lp 501/1967 (transcription et traduction : Véronique Beghain)
lumière : Yves Godin
son : Olivier Renouf
régie son : Olivier Renouf ou Mathieu Farnarier
travail voix : Dalila Khatir
direction technique : Marc Chevillon ou Alexandre Diaz
durée : 65 minutes
dans le cadre du programme Initiatives d'artistes en danse contemporaine. Fonds pour la danse de la Fondation de France.
production Association edna ; Musée de la danse
coproduction : Le Quartz-Centre national dramatique et chorégraphique de Brest (création-résidence), La Filature-Scène nationale de Mulhouse, Festival d'Automne à Paris, Luzerntanz - Luzern, Kaaitheater - Bruxelles.
« Con forts fleuve » a été créé le 7 octobre 1999 au Quartz-Centre national dramatique et chorégraphique de Brest.


